Pour vous accompagner le long de ce post, je vous offre le choix entre deux titres, peu originaux certes, mais j'avais envie de me faire plaisir : voici donc une envolée de feuilles d'automne soufflées Miles Davis et Cannonball Adderley et une chanson de septembre portée par la voix grave de Lou Reed. A vous de choisir l'ambiance qui vous sied le mieux. 

Une semaine de campagne reculée, de couleurs changeantes tirant de plus en plus vers les roux, de brouillards matinaux ouattant l'air piquant d'automne, il n'en faut pas davantage pour oublier ce que Paris avait promis d'offrir. 

Il y a deux semaines, pour des raisons qu'on n'expliquera pas ici (devoir de réserve oblige), contrainte à une sorte d'inactivité professionnelle, j'avais décidé de mettre à profit cette période de douce glissade d'un été quasi inexistant vers un automne prometteur pour m'emplir les yeux, les oreilles et la mémoire. A chaque nouvelle saison son petit programme et celle qui s'ouvrait semblait fort alléchante. Les dieux en ont décidé autrement sans crier gare puisque me voilà travaillant au coeur de la Normandie pour quelque temps, à peine quelques jours après l'achat de mon Pass Gaumont-Pathé (j'ai une sainte horreur des cinémas UGC pour l'odeur/le bruit de pop-corn et le manque de civilité des spectateurs), mettant ainsi à mal un programme automnal allant du joli plaisir à la rencontre essentielle...

Voici donc le programme d'automne, en douceur, mais un programme que pour une fois je ne compte pas suivre, à moins d'un miracle.

Cinoche à l'arrachée.

La guerre est déclarée afficheUn certain nombre de films me tentaient cette semaine. N'ayant plus qu'à peine deux jours - dont une partie sera dévolue à travailler - il s'agit de faire des choix judicieux. Dieu merci j'ai fini, la semaine dernière, par ne plus remettre au lendemain La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli. Pas de chronique ici, d'autres l'ont fait et refait ailleurs, personne n'a besoin de moi sur la toile française pour soutenir celui par lequel la France aura l'honneur d'être représentée lors des prochains Oscars. Une chronique en anglais sera publiée ailleurs (dont je mettrai le lien peut-être) parce que c'est à l'étranger maintenant que ce film se doit de faire carrière. Les cinéphiles anglophones et francophiles, ils sont nombreux, trouveront sans aucun doute leur bonheur avec V. Donzelli et J. Elkaïm.

Ce week-end, suivant la disponibilité, c'est sur La Fée et Restless que j'ai jeté mon dévolu. L'un et/ou l'autre, d'ailleurs.

La Fée AfficheLa Fée, de Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy

Pour le premier, c'est le hasard d'un titre et d'une sensation bienfaisante : autant Black Swan m'avait repoussée sans que je sache pourquoi, autant La Fée cligne de l'oeil en ma direction, je le sens fait pour moi.
Comédie franco-belge de 2011 (01h33min)
Avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy...
Distributeur : MK2 Diffusion
Quinzaine des Réalisateurs 2011.
Synopsis : Dom est veilleur de nuit dans un petit hôtel du Havre. Un soir, une femme arrive à l’accueil, sans valise, pieds nus. Elle s’appelle Fiona. Elle dit à Dom qu’elle est une fée et lui accorde trois souhaits. Le lendemain, deux vœux sont réalisés et Fiona a disparu. Mais Dom est tombé amoureux de la Fée Fiona et veut la retrouver.
Si, contrairement à moi, vous avez absolument besoin de lire ce qu'en disent les critiques officiels, autant aller voir du côté des "vrais" critiques, qui ont aimé la poésie burlesque de ce petit objet magique :
CritikatLes inrocks, Libé ou encore Télérama
Sorti la semaine dernière (le 14/09), il est visible à Paris dans... 9 salles (merci MK2). Le genre de film qu'il faut se dépêcher d'aller voir si l'on veut être certain de ne pas le rater.

Restless afficheRestless, de Gus Van Sant

Quant à Restless, BA + affiche + quelques critiques : une fois n'est pas coutume, c'est le cocktail de ces trois éléments qui m'attire.
Avec Henry Hopper, Mia Wasikowska , Ryo Kase...
Drame américain de 2011 (01h35min)
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Festival de Cannes 2011
Synopsis : Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.
Pour les critiques, on peut se fier quasiment aux mêmes que précédemment : Le Monde a totalement craqué, Les Cahiers sont très favorables ("Restless est certainement un des films de Gus Van Sant les plus complexes et aboutis."), de même que Critikat et Les inrocks.
Sorti cette semaine, il est visible dans 20 salles parisiennes. Aucune excuse, donc, de ne pas y aller. 

J'avais également envie de :  
Apollonide souvenirs de la maison close Les bien-aimés affiche Et maintenant on va où 
et de habemus papam affiche La piel que habito affiche que j'ai loupés.
Ce sera pour un week-end prochain... peut-être ? 

 

Des expos à voir... mais pas le week-end si possible.

Exposition-Edvard-Munch-l-oiel-moderne-affiche

"Edvard Munch, L'Oeil moderne", au Centre Georges Pompidou
du 21 septembre au 9 janvier 

Beaucoup de publicité autour de cette exposition, il suffit de lire la presse et de regarder dans le métro les affiches. Je ne vous ferai donc pas l'affront du copier-coller flemmard ici.
Le site du Centre Pompidou : ici


 

Beaute_morale_et_volupte_dans_lAngleterre_dOscar_Wilde_-_Musee_dOrsay"Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde", au Musée d'Orsay.
du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012. 

Là encore, point besoin d'en dire davantage que ce qu'on peut en lire d'alléchant à droite et à gauche, à part peut-être que cela semble être une suite parfaite à l'exposition précédente sur les peintres et photographes pré-raphaellites. A voir donc.
Le site du Musée d'Orsay : ici.


 

thumb-la-collection-clark-a-giverny---des-chefs-d-oeuvre-a-decouvrir-5351

"La collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir", au Musée des Impressionnistes.
jusqu'au 31 octobre 

Actuellement en travaux, le Clark Art Institute de Williamstown (Massachusetts) fait voyager une partie de sa collection de peintures françaises du XIXe siècle et, depuis le mois de juillet, celle-ci est visible au Musée des Impressionnistes de Giverny. Comme quoi le hasard fait mal les choses puisque le jour où, me disant que travailler à côté de Giverny était un luxe dont je ferais bien de profiter pour acheter un billet coupe-file, on m'a annocé que je partais à l'autre bout du département... Peu de chances, donc, de pouvoir profiter de cette exposition extraordinaire. Vous m'en direz des nouvelles.
Je cite la présentation qu'en fait le Musée : Issus de la prestigieuse collection du Sterling and Francine Clark Art Institute, plus de 70 chefs-d’œuvre seront présentés, dont des tableaux de Manet, Monet, Pissarro, Sisley, et un ensemble exceptionnel de peintures de Renoir. Une section sera consacrée à la longue relation de l’institut avec la culture française, commençant avec l’histoire de ses fondateurs, l’expatrié américain Sterling Clark, et sa femme, l’actrice française Francine Clary.
Seule étape française, le musée des impressionnismes Giverny accueille des chefs-d’œuvre, peints par Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Berthe Morisot, Édouard Manet, tous réunis autour de plus de vingt peintures réalisées par Auguste Renoir. En outre, l’exposition présente des œuvres pré-impressionnistes de Camille Corot et de Jean-François Millet, ainsi que les peintures de style académique d’artistes tels que Jean-Léon Gérôme.
De quoi vous mettre l'eau à la bouche, n'est-il pas?

Programme de la tournée internationale de la Collection Clark :

  • Palazzo Reale, Milan, Italy - Impressionisti : Capolavori della collezione Clark - 2 mars au 19 juin 2011.
  • Musée des impressionnismes, Giverny, France - La Collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir - 13 juillet au 31 octobre 2011.
  • Caixa Forum, Barcelona, Spain - Impresionistas : Maestros franceses de la Colección Clark. - 16 novembre 2011 au 12 février 2012.
  • Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas - The Age of Impressionism: Great French Paintings from the Clark - 11 mars au 17 juin 2012.
  • Royal Academy of Arts, London, England - From Paris, A Taste of Impressionism: Paintings from The Clark - 7 juillet au 23 septembre 2012.
  • Montreal Museum of Fine Arts, Montreal, Canada - A History of Impressionism. Great French Paintings from the Clark - 8 cotobre 2012 au 20 janvier 2013.
  • En 2013, l'exposition itinérante parcourra l'Asie.


detail-nympheaTant qu'on est à Giverny, d'ailleurs, il est fortement conseillé d'aller à la Maison de Monet, d'autant que l'automne a dû apporter des couleurs, reflets et lumières nouveaux sur le jardin. A noter : le jardinier en chef est nouveau. Britannique, grand spécialite, c'est de manière intelligente qu'il compte poursuivre le travail de ses prédécesseurs afin de mêler les impressions données à travers les tableaux du maître et la réalité de ce qu'étaient ces jardins à l'époque. 

 

William Klein

"Roma + Klein" - William Klein à la Maison européenne de la photographie
du 5 octobre au 8 janvier 2012 

"Petit Juif New-Yorkais" qui rêve d'être peintre mais doit se rabattre sur la socio dans son école gratuite, Klein découvre Paris après l'armée (et l'occupation de l'Allemagne) grâce à une bourse d'études à la Sorbonne. Il y fréquente les ateliers de Fernand Léger et André Lothe. C'est en 1953, alors qu'il expose ses toiles abstraites en Italie, que Klein est repéré par un jeune architecte italien, Mangiarotti, et que, prenant en photo un dispositif créé par celui-ci, il découvre des effets et des jeux de mouvements et formes que la peinture ne permet pas. Un an après, il obtient un contrat comme photographe avec Vogue pour qui il accepte de monter un portfolio lors de son retour à New York, après 8 ans d'absence. On est à l'époque de la photographie humaniste, des cadrages à la Cartier-Bresson (à qui Klein rachète d'ailleurs un Leica avant de rentrer à NY). Les photos de Klein, qui trouve Manhattan "antipathique et inconfortable", sont bien différentes, en mouvement, "trop noires, trop négligées" et ne plaisent pas aux Américains qui continueront à le bouder, alors que la France lui réservera un accueil particulier.
Klein Roma 56La MEP exposera pendant 3 mois la série prise en 1956 en Italie. Admirateur de Fellini, Klein réussit à rencontrer le cinéaste et se fait engager comme Nième assistant sur le tournage des Nuits de Cabiria à Rome. Il en profite également pour rencontrer Pasolini qui écrira les textes de ce recueil de photos. Les photos exposées datent de la période d'attente avant que le tournage ne débute enfin. 
Parallèlement, on peut voir "Klein + 10 collectionneurs" à la galerie Le Réverbère de Lyon. 
Il faudra attendre un an (automne 2012) pour le voir exposé à la Tate Modern de Londres.
Un aperçu de l'expo sur Télérama : Rome en un Klein d'oeil, ainsi que l'entretien paru dans le dernier numéro.
(Photo : Rome 1956, William Klein) 

 

Et puis :

festival île de france 2011 afficheFestival d'Île de France, D'un monde à l'autre
du 4 septembre au 9 octobre.

Télécharger la brochure ici.

Parmi les manifestations encore à venir, je choisis deux concerts, absolument pas au hasard :

04_thbEnki Bilal & Goran Vejvoda
"Cinemonstre" + THX 1138 Remix
Samedi 1 octobre 2011 à 21h Paul B, Massy (91300)
Remix des trois films d’Enki Bilal (Bunker Palace Hotel - 1989, Tykho Moon - 1996 et Immortel Ad Vitam - 2004) ; Remix du premier film de Georges Lucas produit par Francis Ford Coppola. Quand Enki Bilal joue avec les images et les sons de son cinéma post apocalyptique, THX1138 Remix est une relecture électro de l’œuvre culte de Georges Lucas. Noir puis blanc, le futur inquiète mais fascine.

 

ronds artistes bulle def_26_thbVisions d'Estonie
Choeur National d’Hommes d’Estonie - Arvo Pärt et Veljo Tormis
Vendredi 7 octobre 2011 à 20h30 Église Saint-Eustache, Paris (75001)
J'ai eu la chance de rencontrer Arvo Pärt, avec sa longue barbe blanche, au festival de musique contemporaine de Winnipeg au milieu des années 90, alors qu'il venait présenter son Tabula rasa, me semble-t-il. Véritable découverte que ce moderne sacré et ces voix venues d'ailleurs.

 

Affiche 30e anniversaire PMRappel : 30e anniversaire de l'abolition de la peine de mort
Pour qu'en automne, seules les feuilles mortes tombent, et plus jamais les têtes.
Télécharger le programme des célébrations ici.
Le programme des conférences d'octobre de la BNF (Site FM) : Auditoriums
Les cinémas Actions : l'Action Christine.

Focus sur les conférences et rencontres à la BNF auxquelles il faut assister (ne serait-ce que parce que moi, je ne pourrai pas y être et ça me fait vraiment ch...anter sous la pluie.)

bnfMercredi 5 octobre 2011, 18h30-20h00
Conférence Vers l'abolition universelle de la peine de mort,
animée par Robert Badinter.


une peine infinieJeudi 6 octobre 2011 18h30-20h00
Projection du film Une peine infinie de David André (2010), lauréat du prix Albert Londres 2011.
Suivie d'une rencontre avec David André et Sandrine Ageorges Skinner.
David André, réalisateur de documentaires, a travaillé sur des sujets sensibles tels que Guantanamo ou la peine de mort. 
Sandrine Ageorges Skinner est membre du Conseil d’administration d’Ensemble contre la peine de mort et responsable du comité international de la Coalition texane pour l’abolition de la peine de mort. Elle est l’épouse d’Hank Skinner dont l’exécution, prévue le 24 mars 2010, a été suspendue 35 minutes avant l’injection fatale, par la Cour suprême des États-Unis.

honkVendredi 7 octobre 2011 18h30-20h00
Projection en avant-première de Honk ! d’Arnaud Gaillard et Florent Vassault
Suivie d'une table ronde avec Arnaud Gaillard, Florent Vassault et Curtis McCarty.
Arnaud Gaillard est juriste, Docteur en Sociologie et spécialiste des questions pénales, il a été le coordinateur du 4e Congrès mondial contre la peine de mort organisé en février 2010 à Genève. Spécialiste de l’univers carcéral, il est l’auteur de Sexualité et prison – désert affectif et désirs sous contrainte ed. Max Millo publié en 2009.
Florent Vassault est monteur cinéma et a travaillé sur de nombreux longs-métrages. Il a également écrit et réalisé plusieurs films courts.
Curtis McCarty a été condamné à la peine de mort en 1986 pour le meurtre en 1982 de Pamela Willis. Il a passé 22 ans en prison dont 19 dans les couloirs de la mort. Il sort enfin de prison en 2007 après un nouveau procès qui aura mis en évidence des faux témoignages et la rétention de certaines preuves qui auraient pu l’écarter de l’enquête dès le départ. Depuis sa sortie, Curtis se bat pour faire abolir la peine de mort.

 

Pour se quitter sur une note chaude comme la lumière du jour,
'Tis Autumn de Stan Getz :

Bon début d'automne !