Nous avions appris cette petite chanson à l'école primaire, en mélancola mineure : "mi do la fa ré la la mirédosila mi do la fa ré la la mirédosila", va le refrain de Verlaine. Point de larmes sur mon coeur cependant, loin de là, loin du la, mais bien une petite allégresse pleine de fraîcheur.

Je ne sais ce qui m'a réveillée au point du jour, le sourd grondement de l'orage, les frissons soudain sous le grand ventilateur et le simple drap, ou le bruit doux de la pluie. Une véritable pluie, qui chantonne, glougloute, fait des claquettes sur les toits et les flaques de la terre battue, les palmiers chuchoteurs et le bec des corbeaux, cloué pour l'occasion. 

Je me suis levée, emmitouflée dans mon peignoir, et suis allée regarder les arbres, buissons, feuilles et fleurs, perdre leur brunaille de poussière, frémir et rigoler de plaisir dans la pénombre délicieusement titillée par les effluves blanches du gardénia géant.

Sur la terrasse, la nature a fait mon travail matinal, sans effort : roses, rouges, verts, blancs et jaunes, tous scintillent.

Pervenche

 

Aujourd'hui, je ne sais pas